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Devant la mairie de la ville de Rennes sont exposées jusqu’au 07 octobre les impressionnantes photos de Steve McCurry, une première mondiale pour l’artiste.
Sur d’immenses panneaux sont affichés ces visages, ces histoires, visibles de jour comme de nuit dans ces rues de riches occidentaux qui ne connaîtront jamais cette misère. Environ 20 photos jalonnent la place et rendent compte de l’étonnante expérience de ce globe trotteur et de « l'inattendu, le moment du hasard maîtrisé, qui permet de découvrir par accident des choses intéressantes que l'on ne cherchait pas ». Mon petit carnet à la main, je m’attendais à voir un jeune homme, mais certaines photos datant de 1984, je m’imaginais finalement qu’il était d’âge mur… en définitive, ni jeune, ni vieux, j’ai vu un homme avec le sourire de la jeunesse et des yeux qui ont rencontré beaucoup de misère, mais aussi beaucoup de bonheur. Étrange me direz-vous… surtout pour des images de guerre, de femmes incomprises, bafouées et d’hommes aux visages burinés par la vie… Mais durant la conférence, Steeve McCurry nous a raconté les histoires de ces photos, de ces hommes et de ces femmes qu’il a côtoyés tout au long de sa vie et qui sont « quelques uns d’entre nous ». Souvent le mot « couleur » est revenu, et, à travers cette notion, l’artiste nous a bien transmis son sentiment de profond respect de la nature humaine, respect qu’il ne conçoit pas en noir et blanc. Pour lui, couleur est synonyme de détail émotionnel. Il montre à sa façon une partie du monde, et il le fait admirablement bien. Il nous a également raconté la vie des gens qu’il a croisés et photographiés, leur humour qui l’a souvent touché, leur gentillesse et leur abnégation. Une question est souvent revenue au cours de l’échange qu’il a eu avec le public : comment arrive t-on a photographier tant de misère, capturer l’âme des sujets sans se sentir à la fois coupable et voyeur ? Pour Steve McCurry, c’est son « job » finalement : montrer la vie telle qu’elle est de l’autre coté de la planète à des gens qui ne se l’imaginent même pas. Il arrive toujours à créer un lien avec ces personnages même si ceux-ci sont pris sur le vif. Son premier amour est son appareil photo, à la vie à la mort… Josiane Cyr Claire Malard |